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Jouer Rami

L'histoire du rami, des origines mexicaines à nos jours

Anciennes cartes à jouer

L'histoire du rami commence avec le conquian, un jeu de cartes mexicain du milieu du XIXe siècle qui contient déjà la pioche, la combinaison posée et la défausse. Les historiens divergent sur les dates exactes et sur une éventuelle filiation chinoise.

Le rami descend d'un jeu mexicain, le conquian

Le conquian est considéré par la plupart des spécialistes comme l'ancêtre documenté de toute la famille du rami. Le site de règles Pagat le décrit comme un jeu venu du Mexique, qui s'est ensuite répandu dans l'Amérique du Nord anglophone et a donné naissance à l'ensemble des jeux de rummy de l'Ouest.

Ce jeu se pratique à deux ou trois avec un jeu espagnol de quarante cartes (épées, bâtons, coupes et deniers). Une version anglo-américaine emploie un paquet de 52 cartes dont on retire les 8, les 9 et les 10, ce qui laisse également quarante cartes. L'idée centrale du rami y est déjà là : former des suites et des groupes de cartes identiques en piochant, puis se défausser d'une carte à chaque tour.

Son nom vient de l'espagnol « con quién » (avec qui) et s'écrit aussi coon can dans les textes anglais. Le déroulement d'une partie moderne est détaillé dans la page règles du rami.

Les premières traces écrites : 1852, 1857 ou 1897 selon les sources

La date de naissance du jeu n'est pas fixée. Pagat, spécialiste des règles de jeux de cartes, cite une première mention connue à Mexico en 1857, sans description de la partie d'alors. Wikipédia en anglais, qui s'appuie sur l'historien des jeux David Parlett, parle d'une attestation dès 1852. Ces deux repères situent l'apparition du jeu au milieu du XIXe siècle.

La première description complète en anglais est généralement attribuée au Complete Hoyle de R. F. Foster, publié en 1897. Foster affirme que le jeu était arrivé au Texas dès les années 1860 et qu'il y était très populaire, comme dans les États voisins, à la fin du siècle. Le site rami.fr cite aussi un Standard Hoyle de 1887 qui le présente sous le nom de coon can.

  • 1852 : première attestation selon Parlett, d'après Wikipédia en anglais ;
  • 1857 : première référence connue à Mexico selon Pagat ;
  • 1887 et 1897 : premières descriptions imprimées en anglais, dans des recueils de règles américains.

La piste chinoise du khanhoo

Une seconde théorie place l'origine du rami en Chine. Le khanhoo, jeu de cartes chinois, aurait été présenté à l'Occident en 1891 par William Henry Wilkinson, consul britannique, dont la description a paru en Angleterre. Selon Wikipédia en anglais, ce jeu dérive d'un jeu proche du mah-jong, le kun p'ai.

David Parlett réconcilie les deux pistes : pour lui, le jeu mexicain est l'ancêtre de tous les rummy et correspond au khanhoo chinois. Il note aussi que le principe de piocher puis de défausser pour former des combinaisons apparaît dans des jeux de cartes chinois au début du XIXe siècle, peut-être dès le XVIIIe. Wikipédia en français évoque une chaîne plus longue, qui passe par un jeu philippin puis par le kanhu chinois, d'après Sid Sackson. Les historiens ne tranchent pas pour autant : cette lecture reste débattue.

D'où vient le nom « rummy », devenu « rami » en français

Le mot anglais rummy a plusieurs explications possibles, aucune n'étant prouvée. La plus citée le rattache à rum, un terme d'argot britannique qui signifie « bizarre » ou « inhabituel ». D'autres sources évoquent un rum poker, un cousin du whiskey poker, ou la boisson elle-même.

En France, le terme est devenu « rami ». Il a produit des expressions propres aux tablées, comme le rami sec, où l'on pose toutes ses cartes d'un seul coup.

Du conquian aux grandes variantes du XXe siècle

Au début du XXe siècle, le principe de ce jeu se décline en de nombreuses variantes, que l'on peut jouer à plusieurs. Le tableau situe les principales, avec les repères que les sources permettent de donner sans extrapoler.

JeuRepère d'origineParticularité
ConquianMexique, XIXe siècleQuarante cartes, deux ou trois joueurs
Gin rummyNew York, 1909Duel, fin de manche en frappant
Rami 500États-UnisDéfausse étalée, premier joueur à 500 points
RummikubIsraël, années 1950Jeu de tuiles, 106 pièces

Le gin rami est attribué à Elwood T. Baker et à son fils C. Graham Baker, à New York en 1909. Il serait resté local à New York jusqu'en 1941, avant de devenir une mode nationale. Sur son ascendance, John Scarne y voyait un descendant du whiskey poker ; Parlett juge cette thèse hautement improbable et fait du jeu mexicain le précurseur du gin rummy.

Le rami 500 est un jeu américain qui, avec le gin rummy, serait à l'origine du rami indien selon Wikipédia en anglais. Le kalooki appartient lui aussi à la famille du rami à contrats. La canasta, autre cousine, est devenue très populaire au XXe siècle, mais les sources consultées ne donnent pas de date fiable pour sa création.

Le Rummikub, un cousin à tuiles né en Israël

L'invention du Rummikub date d'après-guerre, et ce n'est pas un jeu de cartes. Il a été conçu par Ephraim Hertzano, un Roumain émigré en Israël après la Seconde Guerre mondiale, qui en a fabriqué les premiers exemplaires à la main avec sa famille. Wikipédia le date des années 1950 et y voit un mélange d'éléments du rami et du mah-jong.

Le jeu compte 106 tuiles : 104 tuiles numérotées de 1 à 13 en quatre couleurs, en deux exemplaires chacune, plus deux jokers. Chaque joueur en reçoit quatorze au départ. Les règles du Rummikub reprennent les suites et les groupes du rami, avec des tuiles à la place des cartes.

Ce que le rami actuel a gardé de ses ancêtres

Le rami est un jeu de cartes populaire dont la forme moderne s'est éloignée du conquian sur plusieurs points, et son histoire récente tient à ces écarts. Le rami classique se joue avec deux jeux de 52 cartes, auxquels on ajoute quatre jokers, soit 108 cartes. Le nombre de joueurs, comme celui des cartes distribuées, varie selon les tablées : treize ou quatorze sont les valeurs les plus courantes. La première pose est soumise à un minimum de points, souvent 51 selon la règle du rami 51, ou 40 selon d'autres habitudes.

Le squelette reste pourtant le même. À son tour de jeu, chaque joueur pioche une carte, peut poser une combinaison, puis se défausse d'une carte de sa main. Un brelan réunit trois cartes de même valeur et de couleurs différentes, un carré en réunit quatre, et une suite, ou séquence, aligne au moins trois cartes de la même couleur. La tierce franche désigne une suite de trois cartes sans joker, souvent exigée pour la première pose.

Le joker, absent du conquian d'origine, est l'ajout le plus visible : il remplace une carte manquante, sous des conditions que chaque table fixe avant la partie. La valeur du roi, de la dame et du valet, souvent dix points, ou celle de l'as, qui varie, relèvent des mêmes arrangements locaux. La popularité du jeu tient à cette souplesse : aucune règle officielle unique n'existe, et les adversaires s'entendent avant de commencer.

Questions fréquentes sur l'histoire du rami

Qui a inventé le rami ?

Dans l'histoire du rami, aucun inventeur unique n'est connu. Le conquian mexicain du XIXe siècle est son ancêtre le mieux documenté ; des déclinaisons précises, comme le gin rummy en 1909 ou le Rummikub dans les années 1950, ont en revanche des inventeurs identifiés.

Le rami vient-il d'Espagne ?

Le lien avec l'Espagne passe par les cartes : le conquian se jouait avec un jeu espagnol de quarante cartes. L'idée d'une naissance du jeu en Espagne même est une théorie rapportée par certains sites, mais elle n'est pas établie.

Le rami a-t-il une origine chinoise ?

C'est une hypothèse sérieuse, défendue sous des formes variées : le khanhoo chinois, présenté à l'Occident en 1891, est rapproché du conquian par David Parlett. Les spécialistes ne tranchent pas de façon définitive.

Pourquoi existe-t-il autant de versions du rami ?

Le principe de base, piocher puis combiner des suites et des groupes, se règle facilement : nombre de joueurs, nombre de cartes, pose minimale, valeur de l'as, usage du joker. Chaque région et chaque tablée a fixé ses propres règles, ce qui explique la diversité décrite plus haut.

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