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Jouer Rami

Deux paquets, quatre jokers : bien équiper sa table de rami

Deux paquets, quatre jokers : bien équiper sa table de rami

Pour jouer au rami, chaque partie demande deux paquets de 54 cartes mélangés, soit 108 cartes et quatre jokers : c'est la base du rami 51, de deux à six joueurs. Un bon jeu de cartes rami se juge ensuite à la carte : index lisible, dos identique, matière qui tient le coup partie après partie, du premier tour de table au dernier point compté.

Le matériel en trois lignes

  • Rami 51, rami à 4 ou à 6 joueurs : deux jeux de 54 cartes, jokers compris, soit 108 cartes pour la pioche et les combinaisons.
  • Gin rami à deux : un seul jeu de 52 cartes, sans joker, 10 cartes par joueur.
  • Pour une main de 13 ou 14 cartes, le format bridge, plus étroit, se tient mieux en éventail à chaque tour.

Combien de cartes réunir selon la variante de rami

Le matériel nécessaire au rami varie avec la variante et la taille de la tablée. Le rami « classique » des familles françaises, celui qu'on appelle aussi rami 51, se joue avec deux jeux de 54 cartes : deux fois les 52 cartes habituelles (as, 2 à 10, valet, dame, roi dans les quatre couleurs) et deux jokers par paquet. Le talon compte donc 108 cartes. Chaque joueur reçoit 13 cartes, celui qui commence en prend 14, et le reste forme la pioche au centre de la table, sa première carte retournée face visible pour ouvrir la défausse.

La grande variante à deux, elle, ne demande qu'un paquet de 52 cartes, sans joker : chaque joueur n'en tient que 10. La canasta reprend le format du rami 51, avec 108 cartes et quatre jokers, mais les jokers et les 2 y servent tous de cartes « sauvages ». Le Rummikub et l'okey turc remplacent les cartes par 106 tuiles numérotées, deux séries de 1 à 13 en quatre couleurs plus deux jokers : ce matériel ne se reconstitue pas avec des cartes à jouer ordinaires sans perdre le confort des chevalets.

Pour une tablée nombreuse, deux paquets suffisent jusqu'à six joueurs : six mains de 13 immobilisent 78 cartes, il en reste une trentaine au talon. Certaines familles ajoutent un troisième paquet quand le nombre de participants dépasse six, sans quoi le talon s'épuise avant que quelqu'un ne termine. Le détail de la distribution des cartes pour chaque joueur change d'ailleurs un peu d'une région à l'autre, sur le 13 ou le 14 de départ comme sur le nombre de jokers gardés.

VariantePaquets à réunirJokersCartes en mainNombre de joueurs
Rami 512 jeux de 54 cartes (108)413 (14 pour celui qui commence)2 à 6
Gin rami1 jeu de 52 cartesaucun102
Canasta2 jeux de 54 cartes (108)4, plus les 2 sauvages11 à quatre2 à 6, souvent 4
Rummikub, okey106 tuiles, pas de cartes214 ou 15 tuiles2 à 4

Jeux de 52 cartes ou jeux de 54 cartes : la question des jokers

Un jeu de 54 cartes n'est rien d'autre qu'un jeu de 52 auquel le fabricant ajoute deux jokers. Pour le rami 51, cette différence compte : le joker remplace n'importe quelle carte dans une combinaison, et une table qui joue avec deux jeux de 52 cartes seulement se prive de quatre cartes qui accélèrent les poses. Les jeux vendus pour la belote, eux, se limitent à 32 cartes (du 7 à l'as) et ne conviennent pas : il manque les 2 à 6 dans chaque couleur.

Au rami, le joker posé prend la valeur de la carte qu'il remplace. Dans une suite 8-joker-10 de pique, il vaut 9 points ; dans un brelan de dames, il vaut 10. Beaucoup de familles autorisent le joueur qui détient la vraie carte à la poser à la place du joker pour récupérer ce dernier, à condition de poser aussitôt le joker dans une autre combinaison. Ces usages expliquent pourquoi les quatre jokers doivent rester identiques au reste du paquet : un joker abîmé ou d'une autre marque se repère au dos, et toute la partie perd son intérêt. Les cas litigieux, joker en fin de suite ou joker resté en main, se règlent avec la façon de jouer le joker sans le payer en fin de manche.

Si un paquet a perdu un joker, la solution la plus propre consiste à racheter deux paquets identiques plutôt que de compléter avec une carte d'un autre jeu. Certains coffrets de rami contiennent d'ailleurs deux jeux de 54 cartes dans une même boîte, souvent avec un dos rouge et un dos bleu : la couleur du dos ne gêne pas la partie, puisque les deux paquets se mélangent, et elle aide à les séparer ensuite pour un jeu qui demande un seul paquet.

Format poker ou format bridge pour tenir 14 cartes en main

Le format est le critère le plus sous-estimé quand on choisit un jeu de cartes rami. Deux formats dominent : le format poker, d'environ 63 x 88 mm, et le format bridge, plus étroit, d'environ 57 x 89 mm. La hauteur est presque la même, mais les 6 mm de largeur en moins changent beaucoup quand un joueur tient 13 ou 14 cartes en éventail, contre deux au poker.

Prenons un exemple : un éventail de 14 cartes, chacune décalée d'environ 1 cm pour laisser voir son index. Au format poker, l'éventail dépasse facilement la largeur d'une paume d'adulte et celles du bord glissent ; au format étroit, le même éventail reste compact et se range d'un geste quand on trie les suites par couleur. Le format bridge est donc le plus confortable pour le rami, la canasta et toutes les variantes à longue main. Le format poker reste acceptable pour le gin rami, où l'on ne tient jamais plus de 11 cartes.

Les deux formats se trouvent en version « grand index », avec des chiffres et des figures nettement plus grands dans les coins. Pour des joueurs âgés ou pour des enfants qui apprennent, ce détail compte davantage que la matière : un 6 et un 9 se confondent vite sur un index trop petit, surtout quand les cartes sur la table sont vues de l'autre côté. Les modèles à quatre index, imprimés dans les quatre coins, se lisent aussi bien quand un joueur gaucher ouvre son éventail dans l'autre sens.

Cartes en carton plastifié ou cartes 100 % plastique

La matière décide de la durée de vie du paquet. Les cartes en carton plastifié, le type le plus courant, glissent bien quand elles sont neuves ; le problème vient avec l'usage, car elles se marquent aux coins, gonflent à l'humidité et finissent par se reconnaître au dos : une carte cornée se repère au talon, ce qui fausse la partie. Les cartes 100 % plastique, souvent vendues sous l'appellation poker plastique ou cartes poker en PVC, reprennent leur forme après avoir été pliées, se lavent à l'eau savonneuse et tiennent des centaines de parties.

Pour le rami, où l'on manipule deux paquets à chaque donne et où les combinaisons restent longtemps exposées, le plastique a un avantage net, à une condition : il faut que les deux paquets viennent de la même série. Un paquet plastique et un paquet carton mélangés ne se battent pas de la même façon et se distinguent au toucher. Les joueurs installés en terrasse ou en camping, avec du vent et des verres tout près, ont aussi intérêt à choisir le plastique, plus lourd et moins sensible à l'eau.

Un modèle en carton reste un bon choix pour débuter ou pour un usage occasionnel. Dans ce cas, mieux vaut acheter deux exemplaires identiques à la fois et les remplacer ensemble dès que l'un commence à se marquer : un jeu neuf mêlé à un vieux se repère au premier mélange.

Comment se déroule une partie avec deux jeux de cartes

Une partie de rami se joue en plusieurs manches. Après la distribution, chaque joueur, à son tour, pioche une carte, soit sur le talon face cachée, soit sur la défausse face visible, puis termine son tour en jetant une carte sur la défausse. Un tour de jeu suit donc toujours le même ordre : piocher, poser si possible, défausser. Le but est de poser toutes ses cartes sous forme de combinaisons : des suites d'au moins trois cartes de la même couleur (5-6-7 de cœur) et des brelans ou des carrés (trois ou quatre cartes de même valeur, de couleurs différentes).

Au rami 51, la première pose d'un joueur doit atteindre 51 points. Les cartes de 2 à 10 valent leur chiffre, le valet, la dame et le roi valent 10, l'as vaut 11 en haut d'une suite ou dans un brelan, 1 dans une suite as-2-3. Exemple concret : une tierce franche valet-dame-roi de trèfle (30 points) et un brelan de 7 (21 points) donnent exactement 51 points, de quoi poser. La plupart des règles exigent également que cette ouverture comporte au moins une tierce franche, c'est-à-dire une suite sans joker.

Une fois sa première pose faite, le joueur peut ajouter des cartes à ses combinaisons ou à celles des adversaires. Le coup s'arrête quand un joueur se débarrasse de sa dernière carte ; les autres comptent alors les points qui leur restent, qui s'ajoutent à leur total. Celui qui pose tout d'un coup, sans pose préalable, réussit un rami sec, et la règle double souvent le décompte des adversaires. La partie se termine quand un joueur atteint le seuil fixé au départ, par exemple 500 points : il est éliminé, et celui qui a le moins de points remporte la partie. Les règles du rami et de ses décomptes détaillent les points de pénalité selon les régions.

Rami à deux : un seul paquet suffit

À deux joueurs, le choix du matériel change. Le gin rami, variante d'origine américaine connue sous le nom de gin rummy, se joue avec un seul paquet de 52 cartes, sans joker. Chaque joueur reçoit 10 cartes, le talon reste au centre et la défausse commence avec une carte retournée. Le joueur cherche à former des suites et des brelans pour réduire la valeur de ses cartes non combinées, puis frappe quand ce reste ne dépasse plus 10 points. L'as y vaut 1 point, les figures 10.

Pour cette variante, un paquet de bonne qualité au format poker convient très bien : la main est courte, les cartes circulent sans cesse vers la défausse, et la robustesse compte plus que la largeur. Le gin rami à deux, de la donne à la frappe, se joue d'ailleurs vite : une manche dure quelques minutes, ce qui use le matériel plus rapidement qu'au rami 51. Il vaut donc mieux réserver un paquet à cet usage et garder les deux paquets du rami à plusieurs pour les grandes tablées.

Le rami à deux « classique », avec deux paquets et 13 cartes chacun, reste possible : le talon est alors très long et chaque coup dure davantage, ce que certains joueurs apprécient pour le calcul.

Jouer au rami en ligne : aucune carte à acheter

Pour qui n'a pas de paquet sous la main, de nombreux sites et applications proposent de jouer au rami sur tout appareil, ordinateur, tablette ou téléphone, en mode solo contre l'ordinateur ou contre d'autres joueurs. Contrairement au solitaire, la partie y garde son adversaire et son décompte. Les applications de rami se trouvent sur Google Play et sur l'App Store ; beaucoup affichent un guide des règles et un mode d'entraînement, utile pour un public débutant. Le logiciel distribue les 108 cartes virtuelles, contrôle la condition des 51 points à la première pose et fait le décompte en fin de manche, ce qui évite les disputes sur la valeur d'un joker. Ces versions numériques servent bien à apprendre les règles du rami avant de passer aux vraies cartes : le jeu refuse une pose irrégulière et montre pourquoi.

Le plaisir d'une partie de rami autour d'une vraie table tient cependant au matériel : trier son éventail, cacher ses intentions, voir les combinaisons s'accumuler devant soi. Les versions en ligne en argent réel relèvent par ailleurs d'un autre cadre juridique que le rami entre amis.

Le rami en famille, une activité de calcul pour les enfants

Le rami est une activité de calcul mental que beaucoup de parents choisissent pour les soirées en famille : additionner les points d'une ouverture, repérer une séquence de trois cartes qui se suivent, reconnaître un brelan ou un carré. Avec un enfant de 7 ou 8 ans, qui additionne de tête jusqu'à 50, de nombreuses familles simplifient d'abord la règle : un seul paquet, sans joker, sept cartes chacun, et aucune condition de points pour la première pose.

Le matériel aide l'enfant autant que la règle. Un support de cartes, petite réglette en bois ou en plastique posée devant lui, lui permet de voir toute sa main sans la faire tomber ; c'est le même principe que les chevalets du Rummikub. Des cartes à grand index, dont la valeur se lit d'un coup d'œil, évitent les confusions entre le 6 et le 9. Un enfant qui joue chacun son tour avec les adultes apprend vite la séquence du coup : piocher, regarder, poser, jeter.

Quand l'enfant maîtrise les suites et les brelans, on ajoute le deuxième paquet, puis les jokers, puis le seuil de 51 points. Les adultes profitent de ces premières parties pour expliquer pourquoi une carte gardée trop longtemps coûte des points en fin de coup. Cette progression rend chaque étape lisible et garde le jeu amusant pour toute la tablée.

Cartes de rami : jokers égarés, paquets dépareillés, jeu de tarot

Peut-on jouer au rami avec un seul jeu de 54 cartes ?

Un seul jeu de 54 cartes permet de jouer au rami à deux ou trois joueurs, en réduisant les mains à 10 cartes. Au-delà, la pioche devient trop courte et les combinaisons manquent : deux paquets restent la base pour quatre joueurs et plus.

Faut-il deux paquets de la même marque pour le rami ?

Deux paquets de la même série sont préférables pour le rami : même format, même matière, même finition. Les dos peuvent être de couleurs différentes sans gêner la partie, mais un écart de taille ou d'épaisseur rend certaines cartes reconnaissables dans la pioche.

Un jeu de tarot peut-il servir au rami ?

Un jeu de tarot ne convient pas au rami : il compte 78 cartes, dont 21 atouts et l'excuse, et chaque couleur ajoute un cavalier aux figures habituelles. Les atouts ne trouvent aucune place dans une suite ou un brelan.

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